Au plus profond d’une forêt japonaise, Ariane a sculpté in situ et en solitaire pendant des jours cet arbre de plus de trente mètres, mort mais toujours debout et enraciné dans la terre.
Sculptée dans le noyau de l’arbre, la sphère apparaît comme symbole de la vie qui persiste : les atomes, les cellules, l’œil, le soleil ou l’utérus partagent cette géométrie élémentaire qui évoque création et origine. La sculpture relie la force vitale de la nature au regard humain, capable de trouver un sens même à ce qui semble avoir perdu son but. Cette sphère, sculptée au cœur de l’arbre, incarne l’idée d’une vie qui résiste, comme si la forêt gardait son propre battement de cœur.
Le rose fuchsia, intense et provocateur, trace l’empreinte humaine sur la matière naturelle. Dans les contextes forestiers, tant au Japon qu’en Europe, le rose fuchsia est la couleur utilisée pour marquer les arbres destinés à être abattus ou les zones d’intervention forestière. Ariane Patout l’interprète comme symbole de la domestication humaine sur la nature : une empreinte qui signale à la fois le pouvoir de créer et celui de détruire.
L’œuvre est restée là, dans la forêt de Kamiyama, où elle a été conçue. Elle demeure exposée au temps, à la mousse, à la pluie et au regard de celui qui la découvre parmi les arbres.